Ce week-end était entièrement dédié à une petite escapade dans le vignoble du Jura avec mon pote Bruno Dreux, passionné de vins naturels et associé des Becs à Vin, LE bar à vin d’Orléans. Nous voulions d’une part rencontrer nos vignerons partenaires, mais également réussir à référencer un nouveau vigneron sur cette région viticole souvent méconnue qui possède pourtant quelques “pépites”. La neige était de la partie, elle nous a beaucoup ralentie mais à grandement participer à rendre ce “périple” MAGIQUE !
Premier rendez-vous au Domaine Pierre Overnoy à Pupillin, repris depuis quelques années par la famille Houillon, où Emmanuel est maintenant assisté par sa sœur Adeline et son frère Aurélien. Nous sommes reçu par Adeline dans la salle de dégustation de la maison de Pierre Overnoy. Nous dégustons successivement:
> Overnoy Ploussard 1999: encore très jeune, un équilibre remarquable, un joli fruité. Vin plus disponible à la vente.
> Overnoy Chardonnay 2003: grande pureté, très élégant et raffiné, belle restitution de terroir.
> Overnoy Savagnin 2004: un Savagnin éblouissant, gourmand et aérien.
> Overnoy Savagnin non ouillé 1998: un Vin Jaune doit être élevé 6 ans et 3 mois en fût avant mise en bouteille, ici ce Savagnin à déjà 10 ans de fût! Un vin à oublier en cave, taillé pour traverser le siècle.
Bruno et moi avons été impressionné par la tension aromatique, la pureté et l’équilibre de tous ces vins, sorte de signature du Domaine. Emmanuel Houillon cultive en bio et va plus loin en appliquant de nombreux principes propres à la biodynamie comme le respect du calendrier lunaire et l’application des préparats 500 et 501 pour stimuler la plante et ses défenses naturelles sans aucun ajout de chimie polluante. Mais le domaine est surtout réputé pour ses vinifications sans soufre de A à Z, et nous constatons encore une fois qu’il maitrise cet art avec brio ! Le passage de main est définitivement réussi.
Le Domaine est autant réputé pour la qualité de ses vinifications que pour la rareté de ses vins et ses petites quantités disponibles auprès d’une clientèle de cavistes passionnés finement sélectionnés. Nous sommes très heureux de pouvoir vous en proposer quelques flacons. Merci Adeline pour cette belle dégustation !
Nous nous rendons ensuite chez Philippe Bornard, un vieux copain de Pierre Overnoy. Philippe Bornard travail de la même manière, cultiver sans chimie et vinifier naturellement lui semble pour le moins normal… bon signe. Nous descendons dans le chai et avons la chance de goûter toute sa gamme dans une ambiance chaleureuse et instructive. Un grand moment de partage !
en Rouge:
> Ploussard, Point-Barre 2007
> Ploussard, La Chamade 2006
> Trousseau, Le Ginglet 2006 (terroir de graviers)
> Trousseau Le Garde-Corps 2006 (terroir d’argile)
> Ploussard, La Chamade 2005
> Pinot Noir, Aide-mémoire 2006
> Pinot Noir, Aide-mémoire 2005
en Blanc:
> Chardonnay, Le Blanc de La Rouge 2007
> Melon du Jura, Le Rouge-Queue 2007
> Savagnin ouillé, Les Chassagnes 2007
> Savagnin ouillé, Les Chassagnes 2006
> Savagnin non-ouillé, Les Marnes 2006
+ dégustation sur fût des cuvées en cours d’élevage.
Nous avons constater une grande maitrise dans les vinifications qui se font naturellement, le seul intrant restant une dose très maîtrisée en soufre à la mise en bouteille. Il en résulte de vrais vins naturels où les rouges surprennent par leur gourmandise et leur complexité (avec certaines similitudes avec les grands Beaujolais natures) et les blancs expriment parfaitement minéralité et restitution de terroir grâce à une belle maitrise des élevages en fût de plusieurs vins. Nous avons choisi de référencer immédiatement une cuvée: notre choix c’est porté sur le Ploussard La Chamade 2006, un vin gourmand, légèrement épicé et complexe, sur le fruit, qui sera parfait pour l’été sur un repas ensoleillé de viandes et de fromages ! D’autres cuvées feront leur entrée au catalogue prochainement. Je tiens à remercier Philippe Bornard pour son accueil et sa gentillesse.
Forcément nous sommes en retard pour diner maintenant, malgré la neige nous arrivons chez Fabrice Monin, patron des Zinzins du Vin, LE bar à vin / resto sur Besançon. Si vous passez dans le coin c’est l’endroit parfait pour manger un bon p’tit plat (préparé par sa femme Momoko) et goûter quelques jolies cuvées de vins naturels, sélectionnées par Fabrice avec professionnalisme et passion. Après quelques belles découvertes, nous sentons déjà notre chambre d’hôtes toute proche nous tendre les bras…
Réveil sous 20cm de neige fraîche tombée pendant la nuit, la déneigeuse vient de passer nous pouvons reprendre la route pour retourner chez Philippe Bornard prendre nos vins (nous étions très en retard la veille !) et assister au pressage manuel tout en douceur de son nouveau Vin de Paille, en sortie de pressoir le jus est d’une gourmandise terrible, déjà sur le coing, l’abricot et les épices. Nous goutons également sur fût le Vin de Paille 2005 (qui n’aura d’ailleurs pas l’appellation par manque de degré alcoolique, environ 13° au lieu des
environ 14° requis) prêt à être mis en bouteille: belle sucrosité maitrisée, pas du tout écœurant… magique ! Nous prenons le temps de manger un plat au Grapiot, la seule auberge du village, où la patronne nous reçoit dans un joli cadre raffiné (tout autant que son épaule d’agneau confite au petits légumes), et une très belle sélection de vins du Jura. Au verre, notre choix se porte immédiatement sur un verre de …. Melon du Jura, Le Rouge-Queue 2007 de Philippe Bornard !!! Décidément on est accro…