Archive pour avril 2009

enrico_bernardo_fiche_degustation_vinJ’ai récemment lu l’ouvrage sur la dégustation d’Enrico Bernardo (meilleur sommelier du monde) consacré à la dégustation des vins, un livre très pointu qui montre la pertinence de ce génie de la dégustation. J’ai voulu synthétiser cette ouvrage dans une fiche technique qui récapitule dans l’ordre chaque critère de jugement: le détail de l’examen visuel, olfactif et gustatif.

Nous nous servons de cette fiche pour nos soirées dégustations sur Orléans (niveau perfectionné), mais également parfois pour goûter et juger les vins que nous recevons en échantillons. Même si nous goûtons souvent les vins dans un esprit ‘plaisir’ (car c’est ça le plus important dans le vin !), nous nous servons parfois de cette fiche pour ‘décortiquer’ leurs composantes visuelles, olfactives et gustatives… de la chirurgie vineuse !

Voici notre Fiche technique de dégustation de vins, pour animer vos soirées dégustations entre amis ou pour les clubs de dégustation qui rechechent un outil technique et pédagogique, bref pour goûter comme Enrico !

Cela fait déjà 3 fois que l’on nous demande conseil quant à la meilleure méthode pour ouvrir une bouteille avec un goulot ciré (sans en mettre partout !). Faut-il retirer la cire du bord du goulot avec un couteau ? Je ne sais pas si c’est la meilleure méthode, voilà en tout cas une technique qui a l’avantage d’être efficace et d’éviter de mettre de la cire dans les quatre coins de la maison !

1- Munissez-vous d’un vrai tire-bouchon ! (pas de limonadier car on ne va pas faire levier sur le bord du goulot)
2- Insérez la mèche dans le bouchon en traversant la cire
3- Ouverture à l’ancienne (bouteille entre les jambes !) et tirez un petit coup sec pour casser proprement la cire.
4- Servez et dégustez !

Il existe différents types de cire, plus ou moins cassantes, ici avec un Morgon de Marcel Lapierre, malgré la température fraiche de la cave, cette cire plutôt malléable permet d’éviter les miettes rebelles !

La prochaine fois, dans la rubrique ‘trucs & astuces’: comment faire couler ce même Morgon de Marcel Lapierre directement par le robinet de votre cuisine ;-)

francois-morel-vin-au-naturelJ’ai envie de vous parler d’un bouquin écrit par François Morel, célèbre pour ses nombreux ouvrages sur le vin mais également rédacteur en chef de l’excellente revue Le Rouge & Le Blanc.

Le vin au naturel de François Morel est un ouvrage très clair et joliment illustré. Il explique les enjeux et fait un panorama complet sur le vin bio, le vin naturel, la biodynamie et tout ce qui entour ces modes de viticulture respectueux des sols et de la vigne . Il fait un véritable état des lieux sur le monde complexe des vins vivants. Il laisse s’exprimer de grands vignerons comme Marcel Lapierre, Thierry Puzelat, Pierre Overnoy, ou encore Catherine & Pierre Breton. J’ai trouvé les interventions des vignerons vraiment passionnantes.

C’est un bouquin qui se laisse déguster facilement, il y a quelque passage technique (fonctionnement des levures indigènes par exemple) qui sont de toute façon utile pour comprendre cet univers de respect du vivant. Le reste se digère très facilement, un bel ouvrage pour satisfaire les simples amateurs curieux comme les plus passionnés d’entre nous.

Ceux qui veulent mieux comprendre les principes de la biodynamie trouveront leur bonheur dans le livre de Nicolas Joly: Le Vin du Ciel à la Terre (édité dans la même collection). Tout aussi passionnant !

Maintenant je commence la lecture du livre “Le vin décrypté” de notre ami Antoine Pétrus, un bouquin qui permet de réviser les bases de la dégustation.

Petite virée chez nos amis vignerons du Val de Loire, pour goûter les nouvelles mises en bouteille et les vins en cours d’élevage. Nous devions aller au salon ViniCircus mais les stocks mini sur plusieurs références nous obligent à réapprovisionner régulièrement (petit rappel: nous ne vendons que des vins dispo en stock chez nous).

clos-du-tue-boeuf-puzelatDomaine Clos du Tue-Bœuf (Cheverny): Jean-Marie Puzelat nous reçoit pour goûter quelques 2007, nous reviendrons goûter les 2008 lors des portes ouvertes du domaine début mai. Nous référencerons prochainement une ou deux cuvées, mais le choix sera dur: les Cheverny blancs sont frais, minéraux et délicieux et les Cheverny rouges sont subtiles et complexes avec de très jolies restitutions de terroirs sur les cuvées Guerrerie et Rouillon.

Domaine du Moulin, Hervé Villemade (Cheverny): passage en vitesse chez Hervé avant son départ pour le Salon ViniCircus, le blanc et le rouge ‘domaine’ 2008 sont dispo et goûtent déjà très bien, nous sommes assez impressionné par la régularité des vinifications du domaine: les 2008 viennent de sortir et sont déjà dispo sur votre site préféré !

vignes-loges-de-la-folieDirection Montlouis et Les Loges de La Folie pour ravitailler sur le Montlouis Sec Le Chemin des Loges, 2006 est encore dispo, nous continuons donc sur ce millésime qui nous a fait craquer pour ce domaine il y a quelques mois… ça goûte toujours aussi bien, la Nef des Fous aussi… faudra réfléchir à le faire ! (Chenin Sec élevé en fûts). Les sols commencent à être travaillés, un premier griffage vient d’être effectué… les sols respirent, c’est le printemps !

fabien-boisard-du-mortierPassage chez Fabien Boisard, Domaine du Mortier, qui nous reçoit pour goûter le nouveau Dionysos 2007 en bouteille, Graviers 2007 (bien qu’épuisé chez lui… mais pas encore chez nous !) et les 2008 encore en fûts, et qui ne seront pas prêts avant un bon moment, ça prends son temps… difficile de juger les 2008 car ils sont encore plein de sucre et en pleine fermentation mais l’acidité bien marquée permet d’être très optimiste.

Nous voulions profiter de cette escapade pour découvrir un nouveau domaine sur Chinon (face à Saint Nicolas de Bourgueil). Sur les conseils d’amis et de vignerons, nous voilà chez Alain et Jérôme Lenoir du Domaine Les Roches à Chinon. Cette petite propriété et ses 3,5 hectares restent très discrets. Alain a maintenant laissé son fils Jérôme prendre les rênes de l’exploitation familiale dont les vignes en coteaux d’un seul tenant sont situées juste au dessus de la cave.

cave-domaine-les-roches-chinon Ici, on fait dans le “Chinon de Garde“, pas question de commercialiser rapidement, les vins ont besoin de temps pour être bien élevés, ici les élevages sont longs, très longs, souvent plus de 3 ans en très vieux foudres et au moins 1 an en bouteille avant commercialisation ! En ce moment 2001, 2002 et 2003 sont dispo… ça en dit long sur la philosophie du domaine qui croit (et il a raison!) que le Cabernet-Franc sur ce magnifique terroir peut produire un très grand vin de garde, la preuve par la dégustation:

les-roches-chinon-jerome-lenoirChinon Les Roches 2001 en bouteille: très sympa pour son vrai côté rustique !
Chinon Les Roches 2002 en bouteille: un magnifique Chinon dans un style classique et gourmand
Chinon Les Roches 2003 en bouteille: sur la réserve, beau potentiel
Chinon Les Roches 2004 en fûts
Chinon Les Roches 2005 en fûts: taillé pour la garde, sera dans la lignée des 1989 et des 1976
Chinon Les Roches 2006 en fûts
Chinon Les Roches 2008 en fûts
Chinon Les Roches 1990 en bouteille: grand millésime, étonnement jeune, à boire pour les grandes occasions
Chinon Les Roches 1976 en bouteille: très belle réussite pour ce domaine, bon à boire
Chinon BLANC Les Roches 2004 en bouteille: cette micro-cuvée de Chinon Blanc est élevée moins longtemps que les rouges et issue du cépage Chenin: frais, gras et tendu.

Un grand merci à Jérôme Lenoir pour cette superbe dégustation, nous référencerons une cuvée (2001 ou 2002) dès notre prochain passage !

Félicitations au site LeFigaro.fr (rubrique environnement) pour cet article sur le vin bio et le vin naturel.

bar-vin-bio-naturelVoici ma phrase préférée qui montre bien le manque de lisibilité et démontre bien qu’aujourd’hui le buveur lambda ne sait plus du tout ce qu’il boit:

“Pas moyen de faire la différence entre le travail propre d’un vigneron circonspect et le bombardement chimique d’un laborantin fou préparant le buveur innocent à subir, au réveil, une double barre frontale et un bourdonnement continu à l’occiput. Il en va de même pour tous les additifs. Un vigneron peut charger ses cuves en E 517 (sulfate d’ammonium employé en fermentation), en E 501 (carbonate de potassium rectifiant l’acidité) et en E 202 (sorbate de potassium employé comme agent conservateur) sans le faire savoir.”

Aujourd’hui certains vignerons (de plus en plus) refusent les polluants chimiques en viticulture et les intrants œnologiques dans les cuves, l’article cite quelques vignerons, nous travaillons avec quasiment tous, à savoir:

> Marcel Lapierre et son ami Jean-Claude Chanudet (sur Morgon et Fleurie en Beaujolais qui vinifient naturellement depuis toujours)

> Hervé Villemade en Cheverny (nous passons le voir demain samedi pour goûter ses 2008)

> Christian Binner en Alsace (une culture de la vigne irréprochable et des vins natures non filtrés à la texture pleine et gourmande)

Heureusement il existe encore des cavistes comme nous, des professionnels qui suivent ces vignerons engagés pour permettre au consommateur d’avoir accès à ces vins naturels vivants, reflets d’une parfaite osmose entre un terroir et le travail respectueux de son vigneron depuis la vigne jusqu’au chai.

Voici l’article complet de LeFigaro.fr, Bonne Lecture !

champagne_bio_Franck_PascalFin janvier 2009, notre ami Aurélien Poirot avait eu la gentillesse de nous réaliser une recette en accord avec notre cuvée prestige Champagne bio de Franck Pascal. A l’époque, nous n’avions pas encore créé ce blog, nous nous rattrapons en vous faisant profiter de cette recette à la fois facile et succulente !

Aurélien Poirot, après avoir été dans les cuisines des plus étoilés des restaurants français, est parti prendre la direction des cuisines du Sofitel “The Grand” à Amsterdam, il nous glisse ces quelques mots: ” j’ai réalisé cette recette en recherchant l’accord avec le Champagne bio Prestige 2003 de Franck Pascal, un Champagne que j’apprécie tout particulièrement pour sa complexité vineuse. J’ai donc pensé à un plat assez riche avec des produits de saison, un met à la texture veloutée qui équilibrera parfaitement l’amplitude aromatique de cette jolie bulle.”

Recette des Saint-Jacques rôties, purée de potimarron, émulsion de châtaignes et céleri, chips de châtaignes (pour 4 personnes)

st_jacques_chamapgne_bioIngrédients:
-16 noix de Saint-Jacques
-1 potimarron
-100 gr d’oignons émincés
-100 gr de châtaignes cuites sous vide
-50 gr de châtaignes fraiches décortiquées
-3 dl de bouillon de volaille
-1 branche de céleri
-1 dl de lait entier
-fleur de sel, poivre
-huile de noisette

Préparation:
Colorer les oignons émincés au beurre
Ajouter le potimarron émincé
Cuire à couvert à feu très doux
Mixer et réserver
Suer les châtaignes cuites au beurre avec le céleri
(Suer : cuire sans coloration en faisant rendre l’eau)
Mouiller au bouillon de volailles, mixer et filtrer
Ajouter le lait entier pour que la sauce soit mousseuse

A l’aide d’un couteau très tranchant, tailler de fines tranches de châtaignes crues et les passer à la friteuse
Cuire les Saint-Jacques à l’huile de noisette
Assaisonner à la fleur de sel
Dresser la purée dans un cercle, déposer les noix de Saint-Jacques, l’émulsion et les chips

Autres accords mets et vins intéressants avec les vins blancs suivants:
> Grande Châtelaine 2005 de Jean-Claude Rateau (vin de Bourgogne en biodynamie, Chardonnay fruité et minéral)
> Mias 2005 du Domaine du Mazel (vin naturel d’Ardèche sans sulfites, Viognier puissant et original)
> Riesling 2003 de Sylvie Spielmann (vin d’Alsace en biodynamie, Riesling rond et fruité)
> Clos du Breuil 2006 de François Chidaine (vin de Loire en biodynamie, Chenin subtil et racé)
> Pouilly-Fumé 2007 d’Alexandre Bain (vin naturel de Loire, Sauvignon frais et aromatique)

Bon d’accord, c’est un peu plus élaboré et bien meilleur que “les oeufs-cocotte à la Guigui”… mais on ne peut pas faire repas gastronomique tous les soirs !

Voici un extrait d’un reportage diffusé récemment sur Arte. Entre autre, un vigneron (Raymond Manchon) qui est passé très près de la mort, après avoir traité chimiquement ses vignes pendant de nombreuses années (il n’est malheureusement pas sorti d’affaire). ça se passe à Latour-de-France, village du Roussillon que je connais surtout pour son noyau de vignerons bio engagés, comme Cyril Fhal ou Édouard Laffitte du Domaine du Bout du Monde sur la commune de Lansac. Le reportage démarre vers 2min10.

(petite précision: le vigneron parle de Glyphosate, un puissant désherbant chimique mieux connu des particuliers sous le nom de Roundup)


Tout est dit… Vive le vin bio !

Joël Ménard du Domaine des Sablonnettes est un vigneron passionnant totalement engagé dans la culture biologique qui lui permet de réaliser parmi les plus beaux vins bio du Pays de Layon, en Anjou.

Joël Ménard fait parti de notre sélection depuis nos débuts. Toute sa gamme est palpitante et nous ne proposons pas moins de 6 cuvées de ce talentueux vigneron !

Le Petit Blanc 2007 (2008 arrive dans la foulée): Chenin sec, souple et minéral

Le Bon Petit Diable 2008: La nouvelle cuvée en 100% Cabernet-Franc

Les Beaux Vins 2006: 100% Cabernet-Franc, mûr et prêt à boire

Pivoine 2005: 100% Cabernet-Sauvignon, nez intense de fruits rouges

Layon Fleurs d’érables 2007: Chenin légèrement moelleux, digeste et gourmand

Layon Vieilles Vignes 2007: Chenin moelleux mais jamais écœurant

champagne-franck-pascal-cuvee-reserveVin Bio Naturel : Pouvez-vous nous décrire votre cursus et comment êtes-vous arrivé au métier de vigneron en Champagne ici à Baslieux sous Châtillon?

Franck Pascal : Je suis ingénieur de formation. C’est suite au décès de mon jeune frère, le jour de ses 18 ans, que j’ai décidé de tenter ma chance comme vigneron.

VBN : La culture en biodynamie s’impose pour vous comme une évidence, comment avez-vous connu cette méthode et comment l’appliquez-vous au quotidien dans vos vignes?

Franck Pascal : Une évidence ? Non, pas au début. Car au début, je travaillais comme mes parents: j’ai appris sur le tas. Puis, lorsque je demandais “Pourquoi on fait comme ça et pas autrement ?”, on me répondait “On a toujours fait comme ça”. Pour un ingénieur, ce n’est pas une réponse satisfaisante.

J’ai donc décidé, après mon service militaire, de reprendre les études. Ah oui, le service militaire a été une étape importante pour ma motivation à passer en bio… non, ce n’est pas bizarre. Vous allez comprendre. J’ai fait la formation pour devenir instructeur des compagnies de combat dans le Génie à Épernay (incorporation rapprochée de mon domicile pour pouvoir travailler dans mes vignes en parallèle). Ça signifie que j’ai dû apprendre une bonne partie de ce qui attendait les compagnies du Génie sur les champs de bataille: mines anti-personnelles, pièges, guet-apens et les toxiques de combat. Et c’est justement l’apprentissage du mode d’entrée dans l’organisme et du mode d’action dans le corps humain de ces toxiques de combat qui m’a fait cultiver mes vignes sans pesticides. En effet, pendant mon apprentissage adulte du métier de vigneron, j’ai aussi eu l’occasion d’apprendre comment les pesticides entrent dans l’organisme vivant visé, et comment ils agissent pour le détruire. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a d’étranges similitudes.

Alors, quand les commerciaux me disaient “Utilisez ce machin-cide, c’est neutre pour l’environnement et c’est sans danger”; et que de l’autre les militaires utilisent quasiment la même chose et que ça marche plutôt bien, j’ai compris quel choix faire.

J’ai commencé la bio en 2000. Mais je n’ai pas vu mes sols évoluer. Alors j’ai cherché des infos sur la biodynamie, j’ai vu des sols qui m’ont conquis. J’ai su qu’il fallait aller vers ça. Puis, tout est allé très vite. Le domaine a été transformé à 100% en peu de temps; quitte à prendre d’énormes risques financiers. Aujourd’hui, on continue d’évoluer sur cette voie de l’énergétique: on teste de nouvelles préparations énergétiques pour compléter la méthode biodynamique; mais je n’en dis pas plus pour l’instant.

VBN : Avez-vous une certification agriculture biologique ou biodynamique, et pourquoi ce choix ?

Franck Pascal : On a les deux. Au début, on a converti le domaine par conviction. Nous trouvions que le principe du label était ringard et que l’important était notre motivation. On n’a donc pas voulu de label. Puis, on a eu des opportunités commerciales qu’on a du refuser car nous n’avions pas de label… là, c’était difficile car nous étions en situation financière délicate et de nombreuses portes se fermaient juste pour un morceau de papier.

Mais ce n’est pas la seule raison: j’ai vu des clients aller acheter du champagne bio chez des “voisins” juste parce que ces “voisins” leur disaient “En plus, nous travaillons en bio”… et pourtant, si nos clients avaient su comment leurs vignes étaient cultivées, ils auraient été verts ! Ça m’a fait mal au cœur de voir des gens se faire berner de la sorte. Il fallait agir.

En 2004, on a donc franchi le pas de la certification pour la bio; et nous avons débuté la certification BIODYVIN en 2006. A chaque fois, 4 années nous ont séparés entre la mise en pratique et la certification.

VBN: Quelles sont les particularités géologiques de vos terroirs? Pratiquez-vous des sélections parcellaires pour vos différentes cuvées?

Franck Pascal : Nous sommes sur l’ère tertiaire. C’est une période géologique très variée. La majeure partie de nos vignes sont plantées sur des argiles à calcaires durs ou sur des argiles à silex ou à meulière. L’ambivalence sol siliceux/sol calcaire est un gros avantage sur le plan énergétique. Il y a une complémentarité positive dans les vins lors des assemblages.

On a fait des vinifications parcellaires par le passé et on en refera; mais avec une production de 30 000 bouteilles/an, 7 cuvées de champagne et 2 vins rouges, il fallait rationaliser et réduire le nombre de cuvées. Il y a bien un lieu-dit qu’il m’intéresserait de vinifier en parcellaire, mais il faudrait étendre la surface du vignoble pour pouvoir jouer à cela.

VBN : A la cave vous vinifiez vos vins sans artifices, quels ajouts œnologiques vous autorisez-vous ? Lesquels excluez-vous?

franck-pascalFranck Pascal : Nous avons beaucoup progressé en 5 ans dans les vinifications. Nous prolongeons la même philosophie énergétique de la vigne à la cave. Ceci nous permet de limiter notre intervention à l’adjonction de soufre au pressurage, et en fin de fermentation malolactique. Un complément peut être nécessaire avant la mise en bouteilles.

Ainsi, nous nous passons de la décoloration des moûts, de l’enzymage lors du débourbage, des tanins œnologiques, des colles (albumine, bentonite), des activateurs de fermentation, de l’ajout d’azote et de phosphate pour les démarrages des fermentations, de l’acidification (les tailles ont assez de minéralité pour rester fraîches sans être acidifiées).

On n’a jamais ensemencé le vin avec des bactéries malo, et on garde les levures sélectionnées sous le coude en cas de non départ en fermentation présentant un risque pour le vin. Cette année, j’avais acheté un sachet de levures sélectionnées au cas où…. et je n’en ai pas eu besoin.

VBN : Pourquoi proposez-vous des cuvées différemment dosées: Brut et Extra-Brut? La clientèle est-elle différente suivant le type de dosage?

Franck Pascal : En 1998, le changement de pratique au vignoble s’est accompagné d’une remise en cause au chai et sur nos champagnes. Une rencontre a fait que nous avons commencé à commercialiser des champagnes sans aucun sucre ajouté. Depuis, la demande n’a fait que croître, en France comme à l’exportation. Je trouve dommage de brider le potentiel d’un vin avec du sucre. Le sucre limite l’expression du terroir, la minéralité, l’expression du nez, la longueur en bouche; et le vin devient moins net. En temps qu’amateur de vins, je me devais de proposer du vrai vin à mes clients. C’est pourquoi nous avons sorti notre NON DOSE en 98. Ensuite, il s’est appelé BRUT NATURE pour être conforme à la réglementation européenne.

Cependant, tous les buveurs de champagne ne sont pas des amateurs de vin ni des connaisseurs. Nous avons gardé le Brut pour répondre aux attentes de ces consommateurs. L’extra-brut est lui aussi destiné aux amateurs et aux personnes cherchant à sortir du dosage “standard”. Avec ce champagne, il y a de très beaux accords mets/vins à réaliser, sans tomber dans le purisme du non-dosé.

Avec ces trois dosages pour notre Cuvée de Réserve, l’apprentissage est possible… apprendre à apprécier le champagne et à choisir le dosage approprié pour chaque occasion, n’est-ce pas un beau cadeau ?

champagne-franck-pascal-prestige-2003VBN: Nous nous régalons sur votre Champagne cuvée Prestige 2003, avez-vous travaillé particulièrement ce millésime atypique (chaleur, précocité)? L’estimez-vous apte à une longue garde?

Franck Pascal : Merci, nous nous régalons aussi avec… 2003, une très belle année ! Nos vignes ont échappées de justesse aux gelées de printemps. L’enherbement naturel a retardé le réchauffement du sol, ce qui a permis une montée de sève décalée de quelques jours par rapport à nos voisins. Cela à suffit pour que les -7°C d’avril ne détruisent pas nos bourgeons.

Ensuite, la culture sans désherbants rend les sols poreux car la vie du sol génère de nombreuses galeries par lequel le sol respire. Le travail du sol pas trop fréquent entretien cela. L’année était sèche. Il fallait sentir à quel moment travailler le sol et à quel moment le laisser tranquille. En période sèche, j’ai procédé au binage dans le but de casser la surface du sol et éviter les remontées capillaires, tout en laissant un peu d’herbe de temps en temps pour que la vie organique du sol ait un peu d’ombre (il faisait chaud!).

Quand la canicule est venue, je n’ai surtout pas travaillé les sols. J’ai laissé l’herbe en place sous peine d’exposer les êtres vivants du sol à des rayons UV et à des températures mortels pour eux. De plus, cela aurait stressé la vigne.

Fin Août, un orage est venu (53 mm). Les sols (ouverts) ont accueilli la pluie. L’infiltration de l’eau fut une aubaine pour compléter les réserves hydriques du sol. La vigne a pu tenir bon jusque aux vendanges grâce à cela. Je me souviens des coulées de boue sur le reste du coteau et des bennes de terre qu’il a fallu évacuer pour que la chaussée soit praticable. Encore un signe que j’étais sur la bonne voie: la terre est restée en place dans mes vignes !

Pour le vin, j’ai fait comme d’habitude. Après avoir cueilli des raisins merveilleux dans mes vignes, je conduisais le pressurage. Tout se déroulait comme d’habitude. Les jus étaient beaux, fruités et minéraux, sans fausse note même en fin de pressurage. Les raisins étaient très sains. Aucun souci d’extraction des jus, du velours! Alors, j’ai vinifié très simplement, sans enzymes ni décoloration en cuves. A cette époque nous utilisions encore beaucoup de levures sélectionnées. On a fait les malo naturelles. On a choisi les vins présentant le plus d’acidité pour ne pas avoir à acidifier (je déteste ça! Ça casse le vin), et voilà ! C’est tout simple !

VBN : Merci pour ces réponses et bon courage pour le millésime à venir !

Franck Pascal : Merci! Pour l’instant, ça se présente bien, même du côté des vinifications sans soufre. Je croise les doigts !

vin-pays-des-gaules-marcel-lapierreNous avons tenu à faire goûter à deux clients locaux, deux belles cuvées de vins naturels:

Domaine des Capriades, cuvée Orbois de Pascal Potaire : Une belle couleur or paille, un nez assez exotique, gourmand avec des notes de poires et de pommes. La bouche nous surprend par sa franchise, son gras, c’est assez opulent et surtout on ressent la patte naturelle de Pascal Potaire. Un excellent canon d’apéro, un joli blanc qui réveille les papilles.

- Un autre vin était au rendez-vous, le Vin de Pays des Gaules du Domaine Mathieu et Marcel Lapierre : une belle robe rubis très séduisante. Un gros nez de fruits rouges, plein de framboise, de myrtille et de groseille. La bouche est assez fraîche, très fruité et d’un bel équilibre. Un vin naturel rouge 100% Gamay, 100% plaisir, qui séduira cet été, dégusté légèrement frais à l’ombre d’un grand platane.

Deux cuvées ‘plaisir’ qui ont fait mouche !

Le Blog de Vin-Bio-Naturel.fr
Petite balade gustative dans le but de faire connaitre et valoriser le travail de nos amis vignerons soucieux de cultiver leur vigne et de vinifier leur vin sans chimie.

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