Archive pour août 2009
Vin Bio Naturel: Bonjour, expliquez-nous votre parcours et ce qui vous a amené à poursuivre l’aventure sur ce domaine familial.
Jeff Coutelou : J’ai toujours baigné dans le vin. La cave des vieux millésimes a encore quelques bouteilles de grenache écrites à la main d’écolier de CP. Je n’ai donc jamais abandonné cette terre sur laquelle quatre générations ont mis du travail, de la sueur mais surtout de l’amour.
VBN: Votre domaine se situe au nord de Béziers sur la petite commune de Puimisson, Parlez-nous de votre domaine (surface, encépagement) et la particularité de vos terroirs en dehors de toute AOC.
Jeff Coutelou : Le domaine comptait près de 24 HA il y a 20 ans et produisait en moyenne 1500 HL par an. Il n’en compte plus aujourd’hui que 14 pour une moyenne de 500 HL… L’encépagement est très varié mais nous travaillons principalement les cépages méditerranéens (syrah, grenache, carignan, cinsault, mourvèdre).
Une autre expérience du domaine consiste à pratiquer la « complantation ». Mon père avait planté à 1966 (on était pourtant à l’époque dans une logique de production de masse dans notre région) une parcelle sur laquelle une quinzaine de cépages sont mélangés (grenache blanc noir gris, muscat noir petit grain alexandrie, macabeu, chasselas, raisin de la madeleine, clairette et clairette musquée…. Je dois en oublier). L’objectif était de tester l’enrichissement aromatique des cépages au moment de la pollinisation. Les vins de cette parcelle vont dans la cave des soléras. J’ai recommencé ce travail sur une parcelle de blanc mais n’en suit qu’à quatre cépages (sauvignon, grenache, muscat, viognier). Les premiers vins sortirons peut être bientôt.
Concernant les terroirs, l’avantage de Puimisson est de disposer d’une grande variété de sols et sous sols. La majorité est argilo-calcaire mais avec parfois de gros silex, des argiles plus ou moins fortes et des marnes siliceux.
Dernier point, concernant le domaine, les terres sur lesquelles la vigne a disparu sont progressivement plantées d’oliviers… cela crée de la diversité, embellie le paysage et rien ne vaut la cuisine ou l’assaisonnement avec une bonne huile d’olive !
VBN: Le domaine est certifié bio depuis 1987, c’était déjà à l’époque une volonté de votre père de cultiver la vigne sans chimie ?
Jeff Coutelou : Mon père n’avait jamais utilisé de produits pesticides ni de désherbants, il utilisait simplement des engrais à base de potasse pour faire produire. Le parcours était donc simplifié pour s’intégrer dans une démarche bio (à l’époque nature et progrès). En 1987, personne ne parlait de vache folle, le souci environnemental était bien absent et il fallait être courageux et accepter les quolibets des confrères pour persévérer dans cette voie.
En 1987, il n’y avait aucune aide et il fallait attendre quatre ans avant de pouvoir commercialiser sous un label BIO (aujourd’hui, la durée de reconversion est financée). En 1987, il était impensable d’être bio partiel, on adhérait à cette démarche pour l’ensemble du domaine. Aujourd’hui, un cépage = un atelier ce qui veut dire que le vigneron peut choisir d’être en bio que pour un seul cépage de son domaine !!!
Le développement du bio, c’est bien mais rien ne vaut la relation de confiance que le consommateur peut établir avec le vigneron. La certification ne fait pas tout : visiter, parler, déguster, …, en un mot comprendre avant de faire partager.
VBN: Vous réussissez particulièrement bien vos vinifications sans soufre, pour vous qu’est-ce que cela apporte au vin ?
Jeff Coutelou : On essaye toujours mais il y a aussi parfois des ratés… c’est la nature qui décide. Le choix de vinifier sans ou avec très peu de SO², c’est l’aboutissement du travail mené à la vigne. C’est limiter les éléments extérieurs pour donner aux raisins la possibilité de donner le meilleur d’eux même.
Mais ce n’est à mon avis pas le seul élément à prendre en compte pour leur donner l’occasion de s’exprimer. Ne pas pratiquer de levurage, ne pas ajouter d’enzymes, … en un mot, laisser faire la nature tout en gardant un œil pour observer, un palais pour goûter, une main pour aider et accompagner et un cœur pour partager ! Le vin n’est il pas un breuvage qui engendre dialogue et convivialité ? (cf Le Vin des Amis)
VBN: Cette vinification ‘sans filet’ est-elle plus facilement réalisable dans les régions viticoles du sud, plus qu’ailleurs ?
Jeff Coutelou : Je pense que tout réside dans le travail de la terre. Le travail et l’équilibre du sol jouent à mon avis un rôle important. Ils permettent la récolte de raisins sains, bien équilibrés, avec une belle acidité. Tout ceci contribue à rendre les vins moins fragiles. Même si au final, tout peut bouger. Le consommateur final doit comprendre que la nature peut parfois reprendre sa liberté, c’est à lui de donner les meilleures conditions au vin avant de le déguster : le laisser reprendre ses esprits lorsqu’il est fermé, le carafer lorsqu’il y a de la réduction ou un peu de gaz, ne jamais rester sur une impression figée mais en parler pour essayer de comprendre et ainsi mieux l’apprécier !
VBN: Vous testez toute sorte de vinifications différentes (vin élevé en bonbonnes en verre au soleil, vin oublié en très vieux foudre, rosé pressé sur du marc de muscat), y-a-t-il une nouvelle cuvée en préparation ?
Jeff Coutelou : Au Mas Coutelou, en fonction du millésime, les cuvées partent ou reviennent. Je ne m’astreins pas à avoir la même cuvée chaque année mais attache une importance au nom. Le client qui a gardé un souvenir d’une cuvée est sûr de retrouver la même typicité lorsqu’elle réapparaît. Et si c’est nouveau, cela porte un nouveau nom !
C’est ainsi que Flambadou (le Carignan flambeur du sud) est revenu avec le millésime 2007 alors qu’il n’y en avait pas eu depuis 2002.
Cet hiver verra le retour de la vigne haute (millésime 2008), la cuvée Syrah pleine de fruit. Pour 2009, je ne sais pas encore…. Ce sera à l’inspiration. Pour l’instant, les vignes sont belles, les maturités sont en avance pour les syrahs, même si les nuits sont relativement fraîches un peu de pluie ne ferait pas de mal, attendons que les premiers raisins arrivent en cave.
Sinon J’aimerai retrouver la main pour les bulles… (Beaucoup gardent un bon souvenir des dernières) mais là, c’est encore plus compliqué !
VBN: Merci pour ces confidences et bon courage pour ce nouveau millésime !
1-Étiquette au point VERT: Quel vigneron réalise cette cuvée? Qui a réalisé le dessin de l’étiquette?
2-Étiquette au point ROUGE: Quel est le cépage de ce vin?
3-Étiquette au point JAUNE: Quelle est la région viticole?
4-Étiquette au point BLEU: Quelle est la couleur de ce vin?
5-Étiquette au point ROSE: Quelle est l’appellation?
6-Étiquette au point ORANGE: Quel est le pays?
7-Étiquette au point MARRON: Sur quelle commune est réalisé ce vin?
8-Étiquette au point BLANC: Pourquoi ce vin porte-t-il ce nom? (Bout d’Zan)
9-Étiquette au point VIOLET: Elle fait référence à un célèbre groupe des ‘70, lequel?
10-Une seule étiquette n’est pas une étiquette de vin, laquelle?
Qu’est-ce qu’on gagne ? Disons, une bouteille de Morgon 2008 de Marcel Lapierre !
Laissez vos réponses en commentaires, elles ne seront publiées que le 1er septembre (jour des résultats), avec les bonnes réponses et le nom du gagnant ! (cela permettra aux aoûtiens de pouvoir tenter leur chance). En cas d’égalité de bonnes réponses, c’est celui qui aura posté en premier qui gagne.
Bonne chance à tous !
3……2……1….. Go ! ! !

Encore une cuvée de Cyril Alonso et là aussi c’est du sérieux ! Derrière son côté ‘étiquette décalée’, se cache une cuvée de Macon-Chaintré bien mûre, aux arômes de fruits blancs juteux. C’est remarquablement bien vinifié et ça sent bon le terroir avec cette finale longue et minérale.
Il n’a pas été élu ‘meilleur vigneron 2008′ par le guide Gault&Millau par hasard ! Cyril Alonso maîtrise parfaitement les vinifications sans soufre, il stabilise ces cuvées en rajoutant le strict mini à la mise en bouteille (en général autour de 20mg/l) sinon pas de collage, pas de filtration, et des fermentations sur levures indigènes qui confèrent à ses vins cette richesse et cette onctuosité incroyable.
Dessine-moi un Macon 2005 est à servir légèrement frais (10°) et gagnera à être carafé juste une 1/2 heure pour exprimer toute sa richesse aromatique. Une belle cuvée du sud Bourgogne qui n’a rien à envier à ses grandes soeurs de la Côte de Beaune, un très bon rapport qualité/prix/plaisir, à déguster sur des cuisses de grenouilles ou une aile de raie en papillotte au barbecue.
