envoye-specialS’il y a bien un truc à faire jeudi 1er octobre à 20h30, c’est surement d’ouvrir une bonne bouteille de vin naturel,  d’inviter copains et famille, de s’installer confortablement dans son canapé et de regarder Envoyé Spécial sur “Le vin est-il toujours un produit naturel ?”

On en profitera pour ouvrir un truc bien bio et bien nature, un truc qui claque sous la dent tellement ça croque le fruit… juste heureux de se dire que cette chimie n’atteindra pas notre verre… peut-être bien un coup de Marcel Lapierre !

ci-dessous résumé du reportage: “Le vin est-il toujours un produit naturel ? Un reportage de Céline Destève, Christophe Kenck et Pierre Toury.
C’est “la plus hygiénique des boissons” selon Louis Pasteur. Depuis toujours, en France, le vin est considéré comme un breuvage sain, sans artifice. Un produit du terroir bon pour le moral et les artères. Pourtant, dans cette enquête inédite, nous avons découvert qu’aujourd’hui, le vin n’est plus toujours le produit naturel que l’on imagine. Dans la plupart des bouteilles, même les grands crus, se cachent des substances chimiques que le consommateur ne soupçonne pas. Des dizaines d’additifs chimiques sont utilisés dans la fabrication de certains vins. A quoi servent ces additifs ? Pourquoi ne sont-ils pas mentionnés sur les étiquettes de nos bouteilles ? Nous avons aussi découvert que, pour vendre plus cher leur vin, et tromper le consommateur, certains producteurs rajoutent encore plus d’additifs. Au-delà de la limite légale. Et ce n’est pas tout. Certains pesticides cancérigènes se retrouvent dans nos verres sous forme de résidus. Tous les vins sont-ils contaminés ? Et sont-ils dangereux pour le consommateur ? Pendant des mois nous avons enquêté dans le vignoble français pour comprendre pourquoi et comment sont fabriquées ces cuvées chimiques.”

Mise à jour le 2 octobre:

J’ai bien aimé:
la réalité sur les abus de pesticides dans les cultures
la réalité des analyses indépendantes sur les résidus de pesticides dans les verres
l’œnologue de la cave de Saumur qui fabrique du vin levuré suivant le cahier des charges imposé par la GD (en disant “on tient un grand millésime 2008!”)
le fabricant beaujolais de levures, célèbre inventeur du goût de banane du Beaujolais Nouveau (levure 71B), un goût gravé à tout jamais dans ma mémoire !
l’Alsacien Jean-Pierre Frick qui fait un vrai vin de terroir et dit “le levurage devrait être interdit dans les AOC”, bravo !
la dégustation comparative d’un vin avec/sans soufre et sa cliente d’ajouter: “j’ai pas mal au crâne quand je bois bio… et pourtant je picole !!!”, trop simpliste quand même…
l’analyse des biologistes Claude et Lydia Bourguignon: creuser le sol pour comprendre que tout est mort
Raymond Manchon (dont on a déjà parlé) et sa peur des produits chimiques, mais je retiendrais surtout son envie profonde de réussir un jour à passer en bio et à vinifier naturellement (à Latour-de-France y’a pas mal de monde qui peuvent l’aider je pense)

J’ai moins aimé:
les sulfites très mal expliqués (utilisation, doses autorisées, comment en mettre moins….absent du reportage) et diabolisés jusqu’à zoomer sur le logo “tête de mort” de la bonbonne verte, ridicule
la magouille de la sur-chaptalisation jusqu’au procès (le Beaujolais n’a pas besoin de ça, on ferait mieux de parler des vrais vignerons qui font des vins magiques dans cette région, bu hier Morgon sans soufre de Lapierre c’est quand même énorme…)
après le procès, on boit du Beaujolais à 2 balles dans des gobelets plastiques, sur ce coup l’avocat ne vend pas bien le produit !!
faut oser: Ghislain de Mongolfier avec le rapport de présence de pesticides dans ses vins: “il faudrait boire 1000 bouteilles par jour pour sentir la toxicité” alors que les doses sont 500 fois plus élevées que dans l’eau potable !
UIPP: le Lobby des pesticides, qui fait sentir aux visiteurs du vinaigre comme étant un vin sans pesticides (Monsanto je te vois !!!), les journalistes auraient vraiment dû pousser plus profond l’enquête, y’avait pourtant matière.
Le côté très “à charge” du monde du vin, on diabolise toute une filière qui n’a en ce moment pas besoin de ça (hygiéniste je te vois !!!)

Pour ceux qui auraient manqué ce reportage vous pouvez visionner les 2 parties ci-dessous:

19 réponses à to “Envoyé Spécial Jeudi 1er octobre: Le vin est-il toujours un produit naturel ?”

  • Laurent:

    Bonsoir, vous nous faites croire que vin BIO = 0 pesticide car la viticulture bio est une grosse consommatrice de cuivre et de soufre qui sont tous 2 des produits d’origine de synthèse donc comme les autres. Assez de la caricature bio = sain. C’est le professionnalisme du vigneron qui fera uniquement la différence.

  • fred:

    Bonjour,
    Pour répondre à Laurent,
    Pour fabriquer de la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre qui sert à prévenir les attaquent de mildiou), il faut faire réagir de la chaux avec du cuivre. Le soufre (qui sert à lutter contre l’oïdium), nous vient de l’industrie pétrochimique (déchet du raffinage), on peut le remplacer par du soufre naturel (soufre de volcan) mais ce type de soufre n’est pas commercialisé en France et je doute qu’il puisse quantitativement satisfaire la demande mondiale.
    Néanmoins, il y a une différence capitale entre le cuivre et le soufre, molécules de synthèses et les autres pesticides:
    le soufre et le cuivre sont des produits dits de “contact”, c’est à dire que lorsque qu’ils sont projetés sur la plante, il reste sur le végétal et à aucun moment ne “rentrent” dans la plante.Lorsque que la pluie arrive, ces produits sont lessivés et tombent au sol. le soufre n’est pas toxique pour le sol (on préconise parfois des amendements de soufre), il participe même au bon équilibre de ce dernier. Par contre, le cuivre est toxique pour le sol lorsqu’il est mis en excès, mais est naturellement présent dans nos sols viticoles sous forme d’oligo-éléments. L’excès de cuivre dans les sols détruit la vie microbienne et cryptogamique des sols et influe également sur la faune (les vers de terre ne survivent pas!)
    Le cuivre, en excès, est un poison pour la vie des sols, mais à aucun moment ces molécules de cuivre ne se retrouveront dans la divine boisson. ON NE RETROUVERA DONC PAS DE RÉSIDUS DE CUIVRE DANS LE VIN.
    Les autres pesticides chimiques utilisés en conventionnel pour lutter contre les mêmes maladies que le cuivre et le soufre, FONCTIONNENT DE FAÇON TRÈS DIFFÉRENTE: ce sont des molécules dites “pénétrantes” ou “systémiques”. Lorsqu’elles sont projetées sur la plante, ces molécules rentrent directement dans la plante et sont ensuite véhiculées par la sève. Elles se retrouvent donc systématiquement dans le vin. La majeure partie de ces pesticides sont classés cancérigènes ou perturbateurs du système hormonal.

  • @Laurent: je ne fais rien croire du tout! le soufre et le cuivre ne sont pas des pesticides et ne se retrouvent pas sous forme de résidus dans les vins, d’accord sur le fait que c’est le “talent” du vigneron qui fait la différence, mais moi j’entends par “talent” le fait de traiter de manière curative à des doses homéopathiques dans le cadre un cahier des charges restrictif, cueillir un raisin mûr, faire travailler les levures naturelles indigènes du raisin, ne pas rajouter de produits en vinifications, utiliser le SO2 avec une grande maitrise à minima.

    @fred: merci pour cette sympathique explication sur la différence entre un produit de contact et un pénétrant, puisque c’est ce dernier qui pose réellement problème. Le cuivre et le soufre sont 2 produits de traitements des maladies bien connues de la vigne, produits autorisés en culture biologique et en bio-dynamie, mais pas de n’importe quel manière: le vigneron en bio dispose d’un quota en kg/hectare à utiliser sur plusieurs années (3 ou 5 je n’ai pas pris le temps de relire la charte AB). Cela incite fortement le vigneron à doser à mini les doses pulvérisées, à traiter très faiblement voire pas du tout les bonnes années (cette année beaucoup de ceux avec qui nous travaillons n’ont quasiment rien mis), d’autres années où la pression des maladies est plus importante, le vigneron pourra sauver sa récolte (avec un rendement très faible quand même). Il faut bien comprendre qu’un vigneron en bio ne traite pas à la bouillie bordelaise par envie, il n’y a que peu d’alternatives (en bio-dynamie certains appliquent des préparations de plantes, cela est utile lors de faibles attaques de maladies).
    Un coup de bêche au milieu d’un rang de vignes nous suffit pour constater si la vie microbienne est présente, si le sol respire, est vivant et aéré, et j’ai pu constater sur les sols en bio une profusion de vers de terre et autres bébêtes indispensables à l’éco-système d’une vigne saine… Tout est réellement question de dosage…. une chose est sûr: dans un sol en bio correctement cultivé, les sols vivent et respirent !!
    Je voulais surtout réagir sur le soufre que vous voyez comme un produit issu de la chimie. Lors de nos visites dans les domaines je n’ai vu que du soufre naturel, ou soufre jaune, le soufre sous forme jaune qui est un produit bénéfique contre l’oïdium et pas mauvais pour les sols (comme vous dites). Évidemment, c’est mieux que des systémiques, le principal étant l’utilisation dans la modération.
    L’important me semble, comme vous le dites, le fait que le soufre et le cuivre ne sont pas pénétrants à l’inverse des pesticides chimiques (interdits en culture bio) qui eux se retrouvent réellement sous forme de résidus dans les vins, ce qui ajouté à des dérives œnologiques donnent un cocktail pour le moins surprenant, pour nous loin d’un vin de terroir qui respecte le consommateur.

  • fred:

    si si Guillaume, le soufre jaune que tu peux voir chez la grande majorité des vignerons, c’est bien du soufre à 98% ou 99% (S), je ne sais ce que représente les 1 ou 2% restants. Je sais que le soufre naturel existe (soufre de volcan), mais je ne l’ai jamais vu en France. Si vous avez des adresses de fournisseurs, je suis preneur.

  • Alain BERGERAC:

    Groupes de pression ?
    Jeudi soir, l’émission ENVOYÉ SPÉCIAL diffuse un reportage sur l’élaboration des vins en montrant comment certains “additifs chimiques” peuvent se retrouver dans le vin, alors qu’ils n’y existent pas à l’état naturel. Et pour mener leur enquête, ils ont sillonné le Beaujolais. J’imagine le tollé dans cette belle région où certains savent bien fabriquer et vendre des breuvages qui pour moi devraient se vendre partout sauf au rayon vin (vin nouveau).
    L’émission et son contenu étant annoncés bien à l’avance, la réponse n’a pas tardé à venir. A Lyon, le média le plus important est le groupe du journal “le Progrès” qui inclut la chaîne de télévision TLM. Cette dernière a diffusé dans son premier journal (12h30) un reportage à la gloire du Beaujolais, ce vin qui enchante par ses “arômes” de fruits, surtout le vin nouveau.
    Qui a commandité ce genre de reportage? Il faut que cette personne ou ceux qu’elle représente aient le bras long.

  • Julien:

    Demandez à Alain Dejean pour le soufre volcanique…

  • Vitaliseur:

    “le soufre et le cuivre ne sont pas pénétrants à l’inverse des pesticides chimiques (interdits en culture bio) qui eux se retrouvent réellement sous forme de résidus dans les vins, ce qui ajouté à des dérives œnologiques donnent un cocktail pour le moins surprenant, pour nous loin d’un vin de terroir qui respecte le consommateur.”

    Exact: Au delà de ce débat, je pense qu’aujourd’hui, les viticulteurs qui ont choisi la démarche en bio témoignent de la volonté d’offrir un produit plus (pas toujours totalement) naturel, et plus sain.

  • Anonyme:

    La levure est présentée comme un produit chimique… Alors quel crédit accorder aux autres informations du reportage? Un vrai travail de journaliste!

  • Iris:

    Merci pour cet article et surtout aussi pour les contributions des commentaires, qui reposent agréablement des discussions polémiques et malheureusement souvent dénouées de connaissance, qu’on a pu lire sur certains forums à la suite de l’émission :-)

  • @Anomyne: Les levures ne sont pas un “produit chimique” mais cela reste un ajout œnologique. Les levures en sachet permettent une fermentation plus rapide et plus sécurisante des jus, lorsque d’énormes sommes d’argent sont en jeu, on peut comprendre la quasi obligation de les utiliser chez certains vignerons. Le vin obtenu ne sera pas forcément un mauvais vin, mais ne sera pas non plus un vin de terroir.

    Mais il est tellement plus intéressant de laisser la multitude de souches de levures différentes naturellement présentes dans les raisins (levures indigènes) fermenter ensemble pour donner un vin qui aura fermenté avec ses seules levures, c’est en mon sens de cette manière que l’on obtient un vin fidèle au millésime, à son cépage et à son terroir.

    Avec la concurrence mondiale ultra sévère, ne trouverions-nous pas notre salut dans ce genre de vin, reflets de nos si magnifiques terroirs enviés de tous ?

  • PASCALE:

    bonjour
    est ce que quelqu’un peut me dire quel est le nom et l’endroit de la personne dans l’émission qui fait du vin 100% naturel. merci par avance

  • @PASCALE: il s’agit de Jean-Pierre FRICK en Alsace, qui réalise de superbes vins dans la même lignée que ceux réalisés par Christian Binner à Ammerschwir

  • Iris:

    @pascale: et même en Beaujolais tant décrié dans l’émission, on en trouve des vins comme cela, tout naturel, vas voir Les Côtes de La Molière d’Isabelle et Bruno Perraud par exemple.

  • PASCALE:

    merci beaucoup pour ces réponses rapides

  • rémi:

    bonjour, voila j’ai entendu parlé de cette vidéo un peu partout, donc je viens juste de la regarder à l’instant.
    j’habite dans le beaujolais, fier de mon terroir je suis très déçu par ce reportage qui pointe du doigt une fois de plus le Beaujolais !
    j’ai une pensée pour tous ces vignerons qui travaillent dur et qui font beaucoup d’efforts pour redonner une nouvelle image du Beaujolais
    image qui en l’espace de 40 minutes de reportage est détruite, alors que beaucoup de vignerons ont du mal à joindre les deux bouts …
    voila ma pensée après ce reportage, je pense qu’il y à d’autres sujets en ce moment plus sensible que le vin …

  • Diogennes:

    Aux détracteurs de l’émission qui assènent des vérités, voici les miennes :
    Les sulfites : le soufre est un produit naturel dangereux, tout dépend de la dose! Le soufre est un anti-oxydant naturel qui finit par disparaître (je ne rentre pas dans les détails), les vins vieux sont donc moins allergènes et plus digestes que les autres.

    Les pesticides : ou produits phyto-sanitaires, sont une honte pour la viticulture. N’évoquons pas les herbicides pour ne pas alourdir la note. A tous ceux qui font les effarouchés, qu’ils cherchent un peu sur Internet les rapports de la Mutualité Sociale Agricole à propos des cancers, infertilités (j’en passe et des meilleures) en Gironde par exemple. Il est instructif de demander aux viticulteurs s’ils savaient que les produits qu’ils ont utilisé dans leurs vignes pendant trente ans étaient cancérigènes. Ils ne peuvent pas dire non ou ils mentent : à chaque début de campagne, le vendeur donne la liste des produits retirés parce qu’ils se sont avérés cancérigènes. Combien de temps ont-ils cru que les remplaçants ne le seraient pas ? Un an ? Deux ans ? Cinq ans ?

    L’un des problèmes des vins bio, c’est qu’ils n’existent pas juridiquement. Il faut donc demander au viticulteur ce qu’il fait de ses raisins bio. Rien ne lui interdit de les couvrir de saloperies nocives et de revendiquer le label AB qui ne s’applique qu’aux raisins. C’est une des raisons pour lesquelles les vins bio ne sont pas les “meilleurs”. L’autre étant que “meilleur”, pour les viticulteurs bio, ne signifie rien : authentique, naturel et sincère si ! Une fois écartés les vins piqués ou présentant un autre défaut (les mêmes que ceux que l’on trouve dans les vins chimiques), il appartient à chacun de trouver ceux qu’il aime.

    Je suis tout à fait d’accord pour une composition exhaustive des produits employés de la vigne au verre sur l’étiquette ou la contre étiquette. Informer le consommateur est un Devoir !

    Ce n’est pas comme cela qu’on relèvera la viticulture française : ce n’est pas, non plus, en lui laissant faire n’importe quoi et tromper le consommateur qui croit qu’on en est encore aux Aoc, que le vin est comme avant… naturel. Naturel signifie, pour les bio, le refus de tout ce qui n’est pas dans l’ordre de la “Création” (sans connotation religieuse) : le nucléaire, l’ogm, la molécule de synthèse, c’est l’homme qui a bricolé l’infiniment petit et qui n’a pas de recul sur ses inventions.

    A propos, à ceux qui tapent sur le bio, viticulteurs ou amateurs, il serait temps de penser à y passer: c’est ce qu’ont fait ou font les très grands crus, sans publicité. Lorsqu’ils le seront (trois ans), “malheur” à ceux qui auront raté le train !

    Je suis fils, petit-fils, arrière-petit-fils (etc) de vigneron. Que vous le vouliez ou non, la levure utilisée modifie le goût du vin. Les produits 100 % bio n’existent pas, ils tendent vers cela mais ne le sont pas. En revanche ils sont bien plus sains que ceux issus de l’industrie chimique l’agriculture conventionnelle. Interrogez les médecins ou les infirmières sur le boom des cancers des 40/50 ans et sur l’infertilité des hommes en milieu agricole.

    La fermentation ne peut pas ne pas démarrer. Les levures ajoutées sont une aberration qui coupe le raisin de son terroir. Je ne dis pas qu’elle rendent le vin impropre à la consommation, je dis qu’elles le modifient dans des proportions que nous ignorons. Oui aux levures exogènes pour les vins “sans origine”, non pour les vins de terroir, parce que s’il faut rajouter des levures, c’est qu’il n’y a pas de terroir. Tout simplement. Je vinifie entre 1000 et 2000 hl par an, sans aucun autre intrant que du soufre à faible dose. Aujourd’hui, ma politique est de sulfiter le moins possible, certes, mais je ne suis pas sans soufre. A une petite exception près : un vin sans soufre ne pique pas forcément, pour en avoir bu de très vieux, je confirme qu’un gros degré et un belle acidité sont des protecteurs naturels.

    Pour les pesticides et les herbicides, je vous rejoins puisque nous sommes en bio. Et je sais que beaucoup, désormais, ne sortent l’artillerie lourde que lorsque c’est nécessaire mais dans une région de viticulture financière, comme à Bordeaux, on ne se pose pas de question: il faut produire coûte que coûte et les traitements systémiques fongicides et anti-pourriture (les plus dangereux) se répandent dans l’air et empoisonnent les vignes… Ce n’est pas la dictature du prolétariat mais la dictature de l’actionnariat…

    Quant au vignoble en bio, je l’ai converti en totalité. C’est vrai qu’il faut un plus grand investissement personnel mais le résultat est à la hauteur des espérances. On ne fait, finalement, que redevenir ce qu’on n’aurait jamais dû cesser d’être : des vignerons. Et quand je goûte des bouteilles de cinquante ans et plus, je me dis que la vérité est plus dans ce sens que celui dans lequel va la viticulture moderne.

    Le vin est un produit merveilleux… lorsque l’homme ne le fabrique pas mais l’aide seulement à naître. Enfin, quand j’écris qu’il faut aider le vin à devenir ce qu’il est et ne pas le fabriquer, je veux dire que moins on attente à ses équilibres et mieux c’est. Il s’agit de le suivre, de l’aider mais pas de le massacrer. Plutôt que de faire le vin que nous voulons, essayons de faire le vin que “veulent” faire les raisins. Sauf, évidemment, pour les vins “sans origine” auquel cas, c’est le goût du consommateur qui doit primer.

    Diogennes, Viticulteur bio

  • Germain:

    Vivement le logo avec le “bilan carbone” pour voir si les passages répétitifs du travail du sol (la consommation de fuel de l’automoteur) nous rapproche de l’environnement sur les vins bios.

  • passer le tracteur pour labourer et travailler le sol (en bio) ne consomme pas plus de carburant que de passer le tracteur pour appliquer un traitement chimique sur une vigne en conventionnelle. Le bilan carbone n’est pas plus important en bio qu’en conventionnelle (une étude est parue récemment sur le sujet), mais au niveau pollution des sols, y’a pas photo…

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