
On a récemment parcouru un article du Journal Sud-Ouest (plus dispo en ligne hélas), relatif à un projet de directive européenne pour l’indication des composantes des vins sur les étiquettes. Voici donc à quoi pourrait un jour ressembler les futures étiquettes (ou plutôt contre-étiquette) de nos chères bouteilles. J’entends déjà d’ici certains hurler à l’infamie, car évidemment ça ne va pas dans leur sens… Il est vrai que les indications sous la forme: calories, lipides, glucides… c’est un peu ridicule mais pourquoi le vin serait-il le seul produit alimentaire sur lequel ce ne serait pas indiqué ?
Pourquoi ne pas indiquer clairement:
>> la dose de sulfites ou SO2 en mg/l (pour enfin distinguer clairement celui qui en contient 20 mg/l et celui qui en contient 200 mg/l) car l’indication ‘contient des sulfites’ ne suffit pas. Après à chacun de faire son choix.
>> les “ingrédients”: raisins (quand il en reste;-), acides: tartrique, ascorbique…, présence œuf (à cause des collages au blanc d’œuf et certains y sont allergiques)… bref tous les intrants rajoutés, au moins c’est clair.
>> le taux de sucre en g/l est une info intéressante pour l’aide au choix du consommateur (sur chacune de nos fiches les vins blancs disposent de l’info: sec, riche, demi-sec ou moelleux).
>> les unités d’alcool: pour l’instant on sait pas trop où ce système veut aller… si c’est pour faire de la prévention je doute sérieusement de l’efficacité d’un tel truc.
>> les résidus de pesticides: là on peut toujours rêver.
>> la méthode de culture de la vigne: conventionnelle, raisonnée, en conversion bio, en bio, en bio-dynamie.
>> le type de levures utilisées pour la fermentation: levures indigènes du raisin ou levures en sachet ? moi ça m’intéresse car c’est là que la notion de terroir prend son sens.
Beaucoup de vignerons en culture bio qui vinifient naturellement avec qui nous avons discuté sont POUR une indication précise des produits contenus et des doses de SO2, sans doute car ils n’ont rien à se reprocher, ils ont pris pour habitude de dire ce qu’ils font et de travailler en toute transparence avec leur réseau, pour la très grande majorité pas d’ajouts hormis une très faible dose de SO2, certains pourraient fièrement arborer le “Ingrédients: 100% raisins”.
Il est claire qu’une telle loi ne sera sans doute jamais envisageable, du fait que la profession est comme vous le dites, contre ça. Quelque part, on peut les comprendre car une mise en évidence si claire et à la fois peu précise du contenu de la bouteille ferait de toute évidence, chuter brutalement la plupart des ventes !
En effet, pour le consommateur, le vin c’est du raisin fermenté et point barre. La plupart des novices ne soupçonne même pas qu’il puisse exister des intrants œnologiques en vinification.
Mais le jours où le consommateur aura pleinement pris conscience de la chose, alors là, attention les dégâts, les ventes de vin conventionnel (dans lesquels les mentions “albumine d’œuf”, “colle de poisson” et j’en passe, verront le jours) risque de chuter dangereusement.
C’est le jeu, ceux qui travaillent proprement seront récompensés, et les autres retomberont sur terre et se retrouveront dans la nécessité de revoir leurs cahiers des charges…
effectivement ce n’est pas prêt de voir le jour, pour nous le côté positif de la chose est la transparence et l’information vis à vis du consommateur mais il est évident que cela sera préjudiciable pour 95% de la filière vin. Au lieu de faire baisser la consommation de vin par le biais d’une telle mesure, nous aurions préférer un système qui informe mieux pour consommer mieux (un consommateur mieux informé est un consommateur qui consomme plus
, un système qui responsabilise les pratiques en cave et qui montre l’engagement du vigneron à respecter d’avantage le consommateur, car c’est quand même lui qui au final consomme le produit, j’estime qu’il a le droit de savoir de quoi est composé ce qu’il ingurgite.
Comment concilier transparence et information au consommateur, et nécessité de production et d’écoulement des stocks pour faire vivre toute la filière ??
La clé de la transparence selon moi, pourrait être la création de “catégorie” de vin : vin de Cat. A = vin dans lequel tel et tel intrants ont été ajouté, vin de cat. B = etc… Il suffirait de mettre cette mention en bas a droite d’une étiquette, et le consommateur fera rapidement le lien entre un vin “sain” de la Cat. B par exemple, d’un vin contenant des intrants typiques de la Cat. A. Il ne resterait plus alors plus qu’à se reporter sur le site de l’INAO et de regarder à quoi correspond une telle catégorie de vin… Pourquoi pas, par exemple…
Mais je reste convaincu qu’un vin sans intrants, comme celui que j’ai pu découvrir dans un domaine du Beaujolais qui m’est cher, reste une perle œnologique. Faire du vin de cette manière a un coté véritablement artistique !
Quitte à choisir, j’préfère celles des Boisard par exemple, qui reprennent pas mal de vos items.
Celle-ci fait un peu régime minceur !
effectivement les contre-étiquettes des frères Boisard sur Saint Nicolas de Bourgueil sont exemplaires en matière de transparence, c’est parmi nos références celui qui présente le plus d’informations utiles pour le consommateur et uns des seuls à afficher son taux de SO2, c’est clair, net, précis !!
j’ai uploadé une de leur contre ICI
on y retrouve en plus des infos obligatoires:
>> le cépage
>> l’info sur les levures
>> l’info sur l’ajout de sucre (chaptalisation)
>> le rendement
>> la mention AB
>> les doses de SO2 à la mise en bouteille (SO2 libre et SO2 total)
ça c’est du bon boulot !